Prélude interlude


©Ximena Lopez Arias, any day, anywhere, any time ©Ximena Lopez Arias, any day, anywhere, any time…right here, at Larcomar, Lima, Peru;-)

C’est un vendredi 1er mars 2028. J’adore les vendredis. Et les premiers mars des dernières dix saisons encore plus. C’est comme d’habitude, un mois qui marque un seuil, un passage dans la vie. Un port. Chaque année est comme une levée d’ancre. Et j’en ai eu plusieurs.

Colombie, le pays de mes ancêtres et celui de ma conception a la Sierra Nevada, du moins c’est ce qu’elle m’a dit, ma mère, un soir de confidences, vins et fous rires. La Sierra, seule montagne couronnée de neige au bord de la mer. Les premières années d’enfance en France et apprendre a lire avec le Petit Prince, collectionner les feuilles d’automne et ainsi, les fleurs de la solitude. Puis, retourner en Colombie et connaître mes grandes mères, celle du Centre Orient et celle de l’Orient de ce pays, le Boyaca et le Santander, respectivement. Réapprendre l’espagnol et survivre a la séparation de mon père et de ma mère. Ensuite, retrouver celle qui deviendrait la compagne de mon père, et que j’ai aimé dès le premier jour, appartenir à une nouvelle famille. Quelques années après, vivre le bonheur de la naissance de ma petite soeur, onze saisons entre nous et de plus en plus, pas d’âges entre entre les deux grâce à notre amitié. Puis les vacances chaque été avec ma mère et la decouverte d’une autre vie, une autre liberté et une autre famille, du côte maternel: un legat matrilinéaire de femmes guérisseuses ou combattantes. Aussi, les échanges avec le seul frère de mon père et la grand mère paternelle: une activiste des droits des femmes, avant ses consoeurs intellectuelles, elle qui avait à peine fait quelques années de l’école primaire, descendante elle aussi de paysans. Ainsi, avec mes liens avec les trois familles, renforcer le silence et l’observation afin de jongler avec pulsions et émotions dans cet étrange et complexe tissu qu’est jusqu’à présent mon clan.

Et Haïti, l’île des apprentissages ou de presque tous, l’amitié, la peau, l’affection, la mort, l’injustice, l’insouciance puis la lucidité. La seconde douleur et la troisième déchirure. Partir pour finir l’ adolescence en Argentine et savourer le tango, la littérature, la modernité et même, un début de militance politique en espagnol, après toute une scolarité en français, une quotidienneté en créole et l’esquive insouciance du rock, du rhum et de la plage en anglais…et le carnaval, gestes, trance, pause puis effervescence des corps et des esprits. Et la nuit en connivence avec l’au delà. Et les lettres, encore manuscrites alors, de ma mère qui m’ ecrit toujours comme une analyste de la société et souvent comme une grande soeur. Et  toujours les enveloppes avec cassettes et messages multicolores des amis de la Colombie, terre du café, de la goyave, du fruit de la passion, du mangostino, des dauphins roses, des ours à lunettes, des jaguars, des colibris, des orchidées…mais aussi des bananières de la Fruit Company, des embauchés pour quelques pesos des monocultures de canne à sucre, des champs de palmes contrôlés par les autodefenses, les cartels des émeraudes, de l’or et de la drogue, des territoires contrôlés par la guérilla, par les paramilitaires, pays des revendications, des luttes et de toutes les contradictions.

Une pause au Burkina Faso et entendre le djoula et le moré et le tamahak une première fois. Puis une seconde pause au Burkina, au Mali, au Sénégal et au Nigéria qui préludent le Sud du Sahara. Des années après, une fois mon autonomie gagnée, découvrir les Caraïbes Colombiens sous le regard grave des Grands Frères Koguis et Arahuacos ainsi que les autres Confrères, les Wayuus. Et les descendants des cimarrons, esclaves libérés du Palenque de San Basilio. Puis, les dix dernières saisons, le Chemin Inca, le Kapac Ñan, avoir cru que le Pérou était un passage de vie qui n’existerait plus et y revenir pendant neuf ans afin de me rendre compte que c’est un transit bien plus précieux, un engagement avec une collectivité paysanne, les descendants des Conchucos, premiers guerriers de la Sierra Norte du Pérou à faire face aux Incas. Une source de savoir et à chaque retour me rendre compte qu’il y a tellement à apprendre dans les fins fonds de la Cordillère Blanche et de la Cordillère Noire des Andes. Tatouée de parfums, de saveurs, de parcours, d’allées et venues à travers les autres et, de mes changements de peau, ces latitudes sont des étapes. Or trois ports ont marqué un tournant de vie et je dois commencer par ces trois ponts entre l’orient et l’occident: Panama et Istambul et, entre l’avant hier et l’après demain: Alexandrie. Des saudades qui sont des ports. Des aux revoirs qui sont des gares. Une constante qui est une île, Haïti. Une base d’operations, Bogota; deux aéroports qui sont un carrefour des complicités de toujours, le Charles de Gaulle et l’Orly à Paris; puis des Ports de mer ou de rivière: New York, Toronto, Buenos Aires, Santiago du Chili, Ouagadougou, Buenaventura, Mexico D.F., Portobelo, Luxor, Bâle, Captown, San Francisco, Sausalito. Une escale en Montpellier, une autre à Barcelone et une dernière à Ile Gore …le sud, toujours le sud. Les ports qui sont des tournants dans nos vies et je parle de vous, mes complices, et je songe à toi mon Cher et Tendre. Venise, Dakar, Barranquilla, Riohacha, Cap Haïtien, Port Salut, Puerto Colombia, Puerto Wilches, Puerto Carreño, Puerto Lopez, Abidjan, Puerto Plata, Durban. Port au Prince, à chaque fois. Et certaines cimes, bien sûr. La Sierra Nevada, au réveil de la vie, les Gorges du Tarn, aux premiers pas, Furcy et Laboule aux premiers clins d’oeil de la liberté, le Cocuy au début de l’engagement avec les ayants- droits de la terre, parcourir le Huascaran et découvrir le Huandoy, revenir à l’Aconcagua et sourire au Matterhorn. Comment oublier les Alpes Suisses, la traversée des Pyrénées, la Cordillère Occidentale et qu’une seule fois et encore pas assez d’aubes, l’Annapurna et le Kilimanjaro. « Il pleut au dehors comme il pleure dans mon cœur » ce beau poème de Verlaine appris à 16 ans, récité devant toute la classe indisciplinée et notre prof de français, Mr. Heurtier, ravi de mon interprétation si émue et moi, si gênée. Et les autres si moqueurs. Seule Ondine savait que c’était ma vie même qui en allait de ce poète aussi maudit que ma prose naissante. Depuis, Agwe renaît sous toutes ses formes, sources,rivières, fleuves, cascades, lacs, et courants sous-marins: “los nacimientos”, lieux de naissance de la Sierra Nevada, la rivière Bogota, la Seine, l”Artibonite, le fleuve Magdalena, le Putumayo, l’Amazone, le Rhin, le Nil, le Zambeze; les chutes d’eau du Niagara, le fil d’eau du Tequendama, celles d’Iguazu et Victoria Falls; le lac Lehman, Guatavita et les Gorges du Tarn et le caresses des courants du Von Humbolt et du Gulf Stream, sur les territoires de confluence du Pacific et de l’Atlantique, le Darien colombien et panaméen.

“On revient toujours aux endroits où l’on a aimé la vie”, disait Violeta Parra, chanteuse et compositeur du Chili….ou serait-ce aux endroits où l’on a été aimé ou encore, à ceux où l’on souhaite être aimé ? Ou juste, revenir à un fragment de bonheur, tout court. Oui, je viens et reviens toujours aux endroits où j’ai été aimée des eaux, des des sources, des lacs, des rivières, des cascades, des fleuves, des courants et des mers…. Les eaux qui sont des émotions, les lacs qui sont des complicités, les sources qui sont des sentiments, les rivières qui sont des apprentissages, les fleuves qui sont des luttes, les cascades qui sont des transformations et les courants sui sont des défis. Et la mer, origine de la vie et mort, un même cycle.

Voici une histoire d’apprentissages. Un voyage avec ses escales, ses ports, ses aéroports, ses stations. Pulsion, air et jouissance…

*

 PRELUDIO
Es viernes 1° de marzo 2028. Me encantan los viernes. Y primero de marzo. Un mes que siempre marca el umbral de un traspaso en la vida. Un puerto. Cada año  me parece que levanto anclas. Y he tenido muchas. El país de mis primeros años. La tierra de mis ancestros. El lugar de los primeros aprendizajes. La nación de los primeros descubrimientos. Todas estas latitudes han dejado su impronta, aunque en la primera viviera cuatro años, en la segunda casi 20 años, en la tercera, tan sólo tres y en la cuarta, casi 9 años. Y eso que no nombro el puerto entre todos los puertos y en el que me dediqué a vivir el resto de mi vida: Alejandría .
Países que son ciudades, vivencias, constantes. Me refiero a Bogotá, París, Puerto Príncipe, Nueva York, Toronto, Buenos aires, Bariloche, Santiago de Chile, Ouagadougou, Cali, Medellín, Bucaramanga, Mexico D.F., Ciudad de Panamá, Luxor, Alejandría, Basilea, Ciudad del Cabo, Johannesburgo. Una escala en Montpellier y de Montería y Valledupar.  Y los puertos Venecia, Dakar, Barranquilla, Riohacha, Alejandría. Puerto Príncipe, una y otra vez. Y el Huascarán, cima del mundo, bueno, una de ellas, el Huandoy también, pero eso es otra historia. Y las Cataratas del Niágara, las de Iguazú y las de Victoria.
Siempre volvemos a los lugares donde uno a amado la vida, dice cierta canción. O será donde uno a sido amado? Amado por los ríos, los mares, las montañas, las fuentes. Fuentes que son amigos, ríos que son complicidades, mares que son amores, montañas que son aprendizajes. He aquí la historia de aprendizajes. Pulsiones, aire y regocijo…
Nota de la autora: traducción de esta entrada en desarrollo, proximamente será completada 😉
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